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Mercredi 12 mai 2010 - Fête d'anniversaire
(par Bernard HUMBEEK)

12
mai 2010.... une date importante dans l'histoire du
GJIV....
Notre Président...fête avec quelques jours d'avance ses 44
ans....
Un Taureau, bien entendu... c'était inévitable...
Pour
bien faire les choses, nous sommes 13 à table... histoire
de provoquer nos détracteurs... une fois de plus...
Mais que de beau monde réuni... le plus beau monde : les
amis de Rémy...
Que faire de mieux ?
Qu'est-ce
qui rassemble donc tous ces demi-fous ?
L'anniversaire de notre Président, oui, mais aussi l'amour,
la passion du vin...

Le
ton était donné dès le départ : amener une bonne
bouteille... Mais qu'est-ce qu'une bonne bouteille ?
Un grand vin, un coup de coeur, une originalité, un Cru
Classé, un vin cher ?!

Voici
donc chronologiquement, l'histoire du jour des 44 ans du
Président du Jury le plus sensé,
le plus fou, le plus fiable, le plus original mais surtout
le plus désintéressé et
le plus sincère de tous les comités de dégustation du
monde.

Nous
sommes dans l'un des meilleurs restos italiens de
Bruxelles. "Le Stelle"...
Une belle avenue, ambiance chaleureuse, décoration Art
Déco. Entre Bruxelles et Milan.
Le 14ème invité est le patron sommelier, notre ami
Alessandro.
Il court entre la cuisine, les tables des clients... et
notre table. Personne n'est négligé.

Tous
les vins sont à l'aveugle... sauf l'apéro. Un excellent
champagne, de la maison De Sousa, choisi par Rémy.
Notre Président ouvre les hostilités. Première bouteille.
Hésitations.... On se regarde... On s'observe...
C'est assez équilibré mais on sent comme une gêne. "Sud
Ouest"... "Cahors"... lance Didier,
notre architecte déjà rendu à moitié fou par le virus de
l'oenophilie absolue... Bingo...
La région est bonne... Quant au vin, de très timides
compliments fusent... Et ça fait rire Rémy...
Le salopard nous a piégés... intelligemment !
Il s'agit d'un Cahors, en effet, mais à qui nous avions
attribué auparavant la notation moyenne de 65 % et
dont le nez n'avait particulièrement pas enthousiasmé les
dégustateurs !

On avait pourtant bien dit : "on apporte que des bons voire
des grands vins" !
Voilà, l'effet impitoyable du conditionnement !
Qui eut pu imaginer que notre Président nous ramènerait un
vin moyen sinon médiocre ?
Et qui aurait eu le cran de lui renvoyer son vin en cuisine
? Edifiant....

Voici
venu le temps du blanc. Etonnant, un seul vin blanc sera
ramené par les invités...
preuve que le vin rouge reste ancré comme modèle de
référence dans l'idéologie vinicole.
Celui-ci est excellent. Il frappe par sa minéralité. C'est
ample et structuré.
C'est très beau. On est en France, oui. Dans le Sud, oui.
Mais pour le reste...
C'est Camillo, roi du Savour Club, qui le dévoile :
Clos des Fées 2007, 100 % grenache. Superbe... Une star du
Roussillon..
En Zakouski, notre ami et dégustateur italien, Luigi, nous
fait l'honneur d'une bouteille d'un maître du Rhône :
Jean-Louis Chave. Simple Côtes-du-Rhône, Cuvée Mon Coeur
2007... Tout un programme !
Epicé, typique, bien fait... un beau rapport qualité/prix.

Nos
deux amis hooligans du feu RWDM ne sont pas en reste...
mais la couleur est directement annoncée :
c'est moderne, puissant, boisé (torréfaction et vanille)...
à la mode.
Difficile de retrouver une quelconque notion de terroir
mais le produit est très bien vinifié. Surprise :
un Gigondas... de la très bonne Cave de Gigondas !
De même que le breuvage apporté par Thierry des Halles aux
vins à Wavre...
Un étonnant 100 % merlot bordelais de la rive... gauche :
Moulis-en-Médoc ! Château Pey Berland 2005.
Atypique mais encore une fois très moderne, puissant,
généreux et... boisé (revanille et retorréfaction !).

Je
glisse mon vin à ce moment-là... judicieusement ou...
témérairement ! La controverse démarre illico...
Les admirateurs des deux vins précédents restent
sceptiques, alors que les sceptiques des deux vins
précédents
(dont je fais partie) sont admirateurs... Ici, c'est non
seulement la minéralité du produit qui l'emporte
mais aussi sa trame acide, vivifiante, qui donne une idée
assez précise de son origine...
Comme dirait Jonathan Nossiter, on a ici affaire à un goût
adulte, sans sucrosité...
J'ai fait honneur au patron bien sûr : l'Italie... C'est un
Barolo 2004 de chez Cascina Adelaïde
mais pas dans sa cuvée la plus boisée (Per Elen).
Je suis très satisfait car c'est le vin le plus controversé
(et donc intéressant ?) de la soirée...

Notre
architecte oenofêlé (ce qui est un grand compliment de ma
part...) impressionne d'emblée, bien sûr,
avec un Magnum ! Un vin orangé, tuilé... empli de
sagesse... Bon Dieu que c'est complexe, nuancé, subtil...
Le magnum permet à chacun d'en garder dans son verre tout
au long de la soirée...
Ce vin vit, tout simplement... Il a beaucoup à donner et le
fait bien...
Pour moi, il est tout simplement à son apogée, avec encore
de la réserve...
Pour les fanatiques des vins modernes... c'est déjà un peu
vieux, évidemment...! Complexe, épicé, raffiné...
l'élégance de Châteauneuf, incontestablement. Un magnifique
domaine :
Vieux télégraphe. Plus jeune que je ne pensais : 1997.
Superbe...
Arrive sur table le breuvage apporté par Marc
"Roisinogusto" himself ...
C'est concentré, juteux, puissant mais sans excès de bois
et... grenaché !
Sans doute trop jeune à mon avis.... On serait encore à
Chateauneuf que ça ne m'étonnerait pas.
Bingo : La Mordorée "Reine des Bois" 2006... Enorme
potentiel... à encaver...

Jean
se met ensuite à table... ou plutôt y met son vin : on
avait dit "Pas de Bordeaux" !
Mais celui-ci, bien que prévisible, est de très bonne
tenue...
Une certaine rondeur laisse à penser qu'on est en rive
droite... tout en restant fort droit.
Didier, inspiré par un petit côté ferreux, nous localise la
bête en Pomerol... Exact...
L'Evangile, qui s'en sort assez spectaculairement dans un
petit millésime, 2002, loin de faire son âge.
Second vin de Camillo, rouge cette fois. Mais toujours une
belle minéralité.
Sec, structuré malgré cette présence de soleil affirmée. Un
vin de pays...
ce qui est de plus en plus souvent de bon aloi. Le Gard :
Roc d'Anglade 2007...
belle expression de la qualité du Languedoc... excellent...


C'est
ensuite l'instant de la surprise familiale. Le cousin de
notre Président, résidant dans les contrées teutonnes,
déconcerte son petit monde. C'est concentré, épicé, avec
encore une fois une bonne minéralité...
Un vin allemand, vraiment ? Ben oui... Un Pinot Noir...
Preuve que l'Allemagne sait aussi y faire en rouges.
Domaine Karst...
L'ambiance devient légèrement paillarde (et rien à voir
avec le Champagne !)...
ami Rémy, montre-nous... ton vin !
Là, il veut vraiment nous épater... La matière est immense,
à l'image de notre Président, beaucoup d'extrait...
dense et puissant... encore un vin ensoleillé... plein
soleil... en Sibérie !
La Petite Sibérie 2007 d'Hervé Bizeul, un must ! Un des
fleurons du Roussillon...
encore mieux apprécié ici qu'à Vinisud... La seule question
est :
vaut-ce son prix ? Mais c'est ton anniversaire, Président !
Soyons fous jusqu'au bout !
Notre hôte Alessandro n'est pas là qu'en spectateur, tout
en restant d'une sobriété exemplaire.
Il s'aligne et nous sort du haut de gamme : Sassicaia 2006,
rien de moins...
presque du gâchis à ce stade là de la soirée... Un cabernet
de grande classe...
mais encore une fois trop jeune bien que si puissant qu'il
réveille encore les palais endormis...
On ne peut terminer cette magnifique soirée sans beaucoup
de douceur : des moelleux bien sûr !

Un
Maury 79, de type Rimatge, du Domaine de la Coume du Roy,
offert par notre Italo-Carolo national,
le bien nommé Luigi... Moelleux tout en restant léger et
fruité.
Viens ensuite un Tokay aszu... 5 Puttonyos, amené par Alain
le malicieux !
Belle nouvelle controverse ici encore : bouchonné ou pas
bouchonné ? En nez ou en bouche ?
Parfois assez difficile à dire sur un liquoreux boisé...
et après tant de bonnes cuvées ingurgitées...
Personnellement, j'ai laissé mes doutes de côté...
et vidé mon verre...
Pour terminer en beauté, notre Alessandro nous fait goûter
une petite merveille : un bianco dolce...
Quel bouquet original ! Quelle bouche suave...
Découvrir une nouveauté en vin est toujours une expérience
magnifique...
C'est un vin sarde, un Vino di Stramature Uve de la maison
Orodoro...
assemblage moscato, vermentino... épatant...
Mais à côté de ces libations, personne ne s'est rendu
compte qu'il restait une petite bouteille,
ignorée derrière les grands crus, apportée par je ne sais
qui, oubliée...
un simple petit Vin de Pays des Côtes de Thongue, millésime
2008, fait avec amour et
difficulté par un petit vigneron jeune, téméraire et
passionné...
Et si cette bouteille-là était la plus importante de la
soirée....?
Bernard
Humbeek
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