VOYAGE A BORDEAUX - du 20 au 22 juin 2010
Philippe
DELAHAYE (ingénieur agronome), Luc LEMMENS (ingénieur
industriel), Alain KELKEMANS (acheteur vins Brandpioneers),
Camillo LAMIA (directeur Savour Club Bruxelles), Dany
DERVAL (restaurant Beau Séjour à Binche),
Alessandro DI SIERVI (restaurant le Stelle à Bruxelles),
Rémy POUSSART (rédacteur en chef et président du GJIV).
A
peine rentré de Toscane, voilà qu’un nouveau groupe de
membres du Grand Jury International des Vins (GJIV)
m’accompagna vers un autre grand vignoble du monde, le
vignoble de Bordeaux.
Arrivés à Bordeaux en seulement une heure, via l’aéroport
de Charleroi et le vol RYANAIR, nous voilà sept membres du
Grand Jury, présents dans le Bordelais pour deux jours
intenses de visites et de dégustations.
A
peine descendus de l’avion, nous nous rendons aux
EPICURIALES de la Place du Tourny au centre de Bordeaux.
Cette manifestation est devenue avec les années un des
lieux incontournables des soirées bordelaises.
Nous nous dirigeons immédiatement vers le spacieux pavillon
des vins de PESSAC-LEOGNAN.
L’occasion
est belle, pour un prix proche du prix caviste, de pouvoir
déguster, dans de confortables salons en plein air,
des vins blancs et rouges des meilleurs crus d’une des plus
intéressantes appellations du vignoble de bordelais.
Après
une bonne nuit passée au confortable hôtel PULMANN de
Bordeaux Lac, nous voilà en route vers notre première
dégustation de la journée. Une traditionnelle visite d’un
des plus beaux châteaux du Bordelais et une visite de sa
tonnellerie laissent rapidement place à une dégustation de
quelques millésimes du Château CANTELYS et
SMITH HAUT LAFITTE, rouges et blancs, des vins alliant à la
fois finesse et puissance et ce en présence
de Daniel CATHIARD (propriétaire) et de Fabien TEITGEN
(Directeur Technique).
Le
déjeuner se passa bien entendu à quelques dizaines de
mètres de SMITH HAUT LAFITTE, à la TABLE DU LAVOIR,
superbe brasserie des SOURCES DE CAUDALIES.
Un lunch copieux nous fut servi, accompagné de vins du
Château de CHANTEGRIVE rouge et CAROLINE pour le blanc.
L’heure
avançant à grands pas, nous quittons ce paradis de la
détente pour un autre paradis, le Château
MALARTIC-LAGRAVIERE.
Là, nous sommes accueillis par notre compatriote
Jean-Jacques BONNIE qui, après une large visite des
infrastructures,
nous convie à la dégustation de vins de leur production de
MENDOZA en ARGENTINE avec pour débuter
un DIAMANDES 2007 Gran Réserve, un vin tout en puissance,
élégant et bien construit autour du bois et des fruits
noirs.

Vient
ensuite la dégustation de GAZIN ROQUENCOURT, du SILLAGE et
de Château MALARTIC-LAGRAVIERE, en blanc et rouge,
des vins en progrès constant qui peuvent aujourd’hui
rivaliser sans problème avec les meilleurs pseudos GRANDS
CRUS DE 1855 !
A
seize heures sonna le moment de retourner vers BORDEAUX,
tout en restant dans ce superbe vignoble de PESSAC-LEOGNAN.
Notre mission, du moins si nous l’acceptions, une
dégustation à LA MISSION HAUT-BRION
(HAUT-BRION étant en travaux durant ce mois de juin 2010).
C’est
donc dans un lieu marqué par l’histoire que nous fûmes
accueillis par la charmante Turid Hoel ALCARAS et
que nous eûmes la chance de pouvoir déguster sept vins
grandioses, dans les millésimes 2007 et 2009
avec la CLARETE de HAUT-BRION, LA MISSION HAUT-BRION et
HAUT-BRION pour les blancs,
La CHAPELLE de LA MISSION HAUT-BRION, CLARENCE de
HAUT-BRION, LA MISSION HAUT-BRION et HAUT-BRION pour les
rouges.
Les
2007 qui nous furent donnés à la dégustation étaient tout
bonnement grandioses…
mais ne les ayant pas dégustés à l’aveugle, il nous a été
dès lors impossible d’émettre un avis objectif sur le
produit
surtout après l’accueil exceptionnel qui nous fut réservé
dans ce cadre prestigieux.
Pour
les 2009, il faut noter que tous ces vins sont encore en
élevage. Ils ont révélé d’impressionnantes structures avec
des arômes
de vanille, de torréfaction et un fruité généreux. Il
serait donc plus que judicieux de pouvoir confirmer nos
bonnes impressions
lors d’une dégustation de ce millésime 2009 lorsque les
mises en bouteilles seront terminées.
Notre
seconde soirée bordelaise débuta à La TUPINA, un des lieux
mythiques et incontournables de la gastronomie à Bordeaux.
Nous sommes malgré tout restés un peu sur notre faim et
surtout sur notre soif,
le prix des vins à la carte à la TUPINA de BORDEAUX étant
tout simplement indécent !
Une partie du groupe fit une petite virée dans le bar à
Whisky à la mode de BORDEAUX, les plus sages dont je fais
bien évidemment
partie décidèrent d’aller faire un gros dodo, vu la grosse
journée qui nous attendait le lendemain.
C’est
sans perdre une minute que le lendemain matin (mardi 22
juin 2010), nous quittâmes BORDEAUX LAC
vers neuf heures du matin afin d’être à l’heure pour notre
dégustation au Château LATOUR à PAUILLAC prévue à 10
heures.
Château
LATOUR est devenu un passage volontairement obligé des
membres du GRAND JURY.
Comme d’habitude, nous fûmes accueillis par la charmante
Sonia GUERLOU qui nous révéla que LATOUR 2010
venait de sortir le matin même à 500€ en primeur !
Rien que ça !
Cette
nouvelle ne nous contraria bien évidemment pas dans notre
dégustation qui commença par le millésime 2009.
Le 3ème
vin,
appelé PAUILLAC, est dominé par les fruits avec un joli
vanillé. LES FORTS DE LATOUR (ample et élégant),
furent tout simplement du niveau d’un Château LATOUR (très
robuste) que nous avons également pu déguster.
Vint
ensuite un vin des FORTS DE LATOUR 2007, très bien
construit, avec un boisé délicat et un fruité à parfaite
maturité.
Nous terminâmes notre dégustation par un remarquable
Château LATOUR 2002 qui, avec ses huit années,
exprime d’énormes qualités avec des tanins nobles fondus,
du boisé délicat et une multitude de fruits noirs.
La
dégustation au Château LATOUR terminée, nous nous rendîmes,
à l’opposé de PAUILLAC, au Château
PEDESCLAUX.
Nous
y fûmes accueillis par Catarina FREITAS ainsi que par le
directeur technique Vincent BACHE-GABRIELSEN.
On nous proposa les cinq vins de châteaux de la gamme :
Château BOLAIRE (Bordeaux-Supérieur),
Château de GIRONVILLE (Haut-Médoc), Château BELLE-VUE
(Haut-Médoc), Château LILIAN LADOUYS (Saint-Estèphe) et
Château PEDESCLAUX (Pauillac) dans les millésimes 2007 et
2008.
Nous
avons régulièrement l’occasion de déguster cette riche
gamme de vins (voir commentaires de dégustation sur notre
site)
mais nous fûmes une nouvelle fois surpris par l’immense
qualité du Château BOLAIRE, un « simple »
Bordeaux-Supérieur
qui tiens sans problème la comparaison avec les autres crus
présentés.
Le
gargouillement de nos estomacs nous dirigea vers l’endroit
gastronomique incontournable du Médoc, Le LION D’OR à
ARCINS.
Nous y fûmes rejoints par Xavier RENARD directeur
communication de la MAISON CASTEL ainsi que par Lucien
GUILLEMET,
propriétaire de BOYD-CANTENAC et de Château POUGET, tous
deux à MARGAUX.
Impossible
de décrire le magnifique moment passé dans le restaurant de
notre ami Jean-Paul BARBIER…
moment tellement enrichissant que nous avons dû
malheureusement annuler notre visite au Château MOUTON
ROTHSCHILD…
Mais ce n’est que partie remise !
15h30,
c’est une bonne heure pour quitter la table du déjeuner.
Notre dernière visite dégustation nous attendait…
et nous ne fûmes pas déçus. Direction Château MARGAUX.
L’accueil fut à la hauteur du prestige des
lieux !
Après
une visite des impeccables et impressionnantes
installations, c’est Paul PONTALLIER, himself, qui nous
reçu pour ce qui est,
à ce jour, certainement l’une des plus belles dégustations
que nous ayons jamais eu l’occasion de faire,
une verticale de 8 millésimes de Château MARGAUX.
Nous
commençâmes cette dégustation par un PAVILLON ROUGE 2009,
dense, épicé, grillé et torréfié.
En vis-à-vis, un Château MARGAUX 2009 aux arômes similaires
avec plus de robustesse et de noblesse.
La
suite fut une symphonie de chefs-d’œuvres, passant par un
Château MARGAUX 2008, puissant et raffiné à la fois,
un Château MARGAUX 2007, puissant et élégant avec une
longueur phénoménale, un Château MARGAUX 2006,
le troisième meilleur millésime dégusté, d’une ampleur rare
avec l’expression du cassis, de la torréfaction et du
chocolat.
Nous
montâmes encore d’une marche avec le Château MARGAUX 2005,
un vin immense alliant puissance, équilibre, raffinement et
noblesse.
Château
MARGAUX 2004 se comporta à merveille après le 2005, ample
et puissant avec une longueur interminable.
Le suivant, Château MARGAUX 2003, fut le premier à laisser
paraître un halo légèrement orangé…
mais ce vin est encore plein de jeunesse avec de subtiles
pointes réglissées et mentholées… et a encore des décennies
devant lui.
Avant
de retomber sur terre, le plus impressionnant des Châteaux
MARGAUX nous fut offert à la dégustation,
un Château MARGAUX 2000. D’une rare jeunesse, ce divin
breuvage possède une structure tellement complexe
que difficilement qualifiable… bref, un
chef-d’œuvre…
Nous
quittâmes donc Château MARGAUX,
le palais émerveillé et l’esprit quelque peu perturbé par
l’immense moment que nous venions de passer.
Nous
quittâmes donc Château MARGAUX,
le palais émerveillé et l’esprit quelque peu perturbé par
l’immense moment que nous venions de passer.
Inutile de vous dire que c’est avec des pieds de plomb que
nous rejoignîmes Mérignac pour le vol retour vers la
Belgique.
Rémy POUSSART
